Écriture

La petite cuisine du roman

25/11/2014

Ami auteur : cet article s’adresse au gourmet qui sommeille en vous.

Car entre la confection d’un bon gâteau et les corrections que vous apportez au premier jet de votre roman, il n’y a qu’un pas, dont je vous propose de découvrir la recette 🙂

Laissez reposer

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Ça y est, vous avez réussi : votre premier jet est sur le plan de travail. Vous avez mélangé les ingrédients (intrigue, univers et personnages) de manière plus ou moins homogène. Bravo ! Mais ne vous reposez pas sur vos lauriers. Vous avez encore du pain sur la planche. Un premier jet de roman, ça ne ressemble à rien : c’est mou, informe et grossier comme de la pâte à gâteau (crue). Il va falloir travailler tout ça pour en faire quelque chose de digeste.

Avant tout, laissez reposer. Vous êtes trop imprégné de votre histoire pour la regarder d’un œil critique. Passez à autre chose et essayez d’oublier momentanément ce qui mijote dans votre tiroir. Vous serez plus objectif d’ici quelques semaines.

Retravaillez la pâte

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Vous sentez que le moment est venu de vous remettre aux fourneaux ? Retroussez vos manches : ça ne va pas être de la tarte. Dans un premier temps, relisez votre texte et faites la guerre aux grumeaux. Vous les voyez, tous ces passages mous ou inutiles qui parasitent votre roman ? C’est d’eux dont je parle. Soyez honnête avec vous-même. Taillez dans le gras. Coupez, tranchez, hachez sans relâche. Même traitement pour vos paragraphes favoris. Pas de pitié pour les croissants !

A l’opposé, d’autres passages auront besoin d’être délayés. Je pense à ceux que vous avez survolés, et qui méritent d’être approfondis pour que votre récit gagne en saveur. Versez un peu de lait. Mélangez jusqu’à ce que la consistance de votre roman ne soit ni trop sèche, ni trop fluide.

Ajoutez des épices

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Maintenant que vous avez bien malaxé, vous avez le droit de goûter votre pâte. La consistance n’est pas mal du tout ! Par contre, c’est un peu fade, non ? C’est le moment de sortir votre boite à épices. Il s’agit de retravailler votre roman sous différents angles (caractériser les personnages, approfondir l’univers, affiner les dialogues, etc) pour affiner son goût.

Ne versez pas toutes les épices en même temps, vous feriez capoter votre recette. Ajoutez-les une par une. Par exemple, sortez la fiche de votre personnage principal et corrigez tout votre roman en renforçant sa caractérisation (la manière singulière qu’il a de se tenir, de parler, de se comporter …). C’est toujours utile d’accentuer les arômes pendant les corrections. Soyez subtil et surtout mélangez bien. N’oubliez pas que le lecteur doit se régaler, mais sans deviner quels ingrédients se cachent derrière votre texte.

Incorporez des pépites

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On ne pense pas forcément à en mettre, pourtant elles font le sel de l’histoire. Les pépites sont des rappels discrets disséminés ça et là dans le récit. Pourquoi planquer des pépites ? Pour que votre lecteur n’oublie pas tel ou tel objet, tel ou tel personnage, qui prendra de l’importance lors du dénouement. Dans certains romans, comme les policiers, les pépites sont indispensables pour que la sauce prenne et que le coup de théâtre final ne retombe pas comme un soufflé. Attention : les pépites doivent être finement hachées pour ne pas rester en travers de la gorge.

Faites goûter à un ami

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Vous voilà plutôt satisfait de votre oeuvre, mais ne goûtez pas la peau de l’ours avant de l’avoir tannée. On va passer au stade le plus délicat de la recette : la faire goûter à un ami. Choisissez bien votre hôte. Il n’est pas là pour être mielleux ni pour vous passer du beurre dans le dos. Sélectionnez une personne qui ne mâche pas ses mots et peut vous faire des remarques constructives (on évite quand même le sadique de service qui prendra plaisir à vous passer à la moulinette). Si votre relecteur est friand du genre littéraire auquel appartient votre roman, c’est encore mieux.

Votre ami s’installe tranquillement à table, avec le regard aiguisé d’un critique gastronomique. Vous l’observez, l’œil aux aguets, les mains pleines de farine, prêt à vous faire hacher menu. Un conseil : rangez le rouleau à pâtisserie, c’est mieux pour tout le monde. Et puis, surtout, mettez de l’eau dans votre vin. Après avoir dîné en tête à tête avec votre roman pendant des mois, vous avez perdu toute objectivité. Un regard extérieur vous permettra d’y apporter des améliorations insoupçonnées.

N’oubliez pas non plus que c’est vous qui portez la toque. Il faut écouter attentivement toutes les remarques, mais pas forcément les appliquer. Vous seul savez ce qui risque ou pas de dénaturer le goût de votre chef-d’oeuvreEt hop, on retravaille la pâte, et on met au four !

Terminez par le glaçage

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On arrive à la fin : la décoration du gâteau. Il faut l’embellir pour qu’il fasse envie. C’est à dire passer votre roman au tamis pour traquer tout ce qui entrave la fluidité de la lecture. Les fautes d’orthographe et de grammaire, bien sûr. Mais aussi toutes ces choses désagréables qui crissent comme du sable sous la dent : les répétitions, les maladresses et les longueurs.

Internet est votre ami (enfin, surtout ses tables de conjugaison et ses dictionnaires de synonymes). Mais pas seulement. C’est aussi le moment de mettre à contribution votre copine à l’orthographe irréprochable ou votre Tatie prof de français. Ces bonnes pâtes pointeront du doigt les dernières petites choses à corriger !

Et voilà, votre roman est prêt à être mangé tout cru 🍰

À lire aussi : Utiliser les figures de style pour imager son roman

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  • Anna Lyra le 26/11/2014 à 8 h 46 min

    Très bon résumé, avec des métaphores culinaires… Que demander de plus ? ^^ C’est bien vrai qu’il faut laisser reposer la pâte, mais c’est aussi une étape très difficile émotionnellement parlant : c’est là que les questionnements surgissent.

    • Charlotte le 30/11/2014 à 12 h 58 min

      Merci ! Oui c’est vrai que c’est une période de doute, notamment parce qu’ avant de faire lire son histoire à un premier relecteur, il n’y a aucun moyen de savoir objectivement si elle tient la route ^^.

  • Ô hasard des mots le 26/11/2014 à 8 h 56 min

    Merci pour cet article qui donne le sourire et aborde les étapes essentielles pour améliorer notre écrit avant de le livrer. Cet écrit sur lequel on a beaucoup travaillé et qui est un peu notre trésor… 🙂

    • Charlotte le 30/11/2014 à 12 h 58 min

      C’est sûr qu’on finit par lier des liens très forts avec son texte 🙂 !

  • elenaxsalvatore le 26/11/2014 à 18 h 03 min

    Merci de m’avoir laissé le lien de ton blog sur le mien ^^ D’ailleurs, il est épuré et très joli, et j’aime beaucoup cet article ! Jolies métaphores et très belle écriture 🙂
    Sara

    • Charlotte le 30/11/2014 à 12 h 59 min

      Merci beaucoup, à bientôt ^^.

  • Laeti le 28/12/2014 à 19 h 01 min

    Jolies métaphores! J’aimerais vraiment me lancer dans l’écriture, mais je pense que je n’en ai pas le talent…. ^_^