Écriture

Les conseils d’écriture de Stephen King

17/02/2020

Stephen King a écrit plus de 60 romans, 200 nouvelles et vendu 350 millions de livres. Touche-à-tout, le maître de l’horreur s’est essayé au thriller fantastique, au roman fantasy, à la science-fiction et au policier. Il a remporté de nombreux prix, et on ne compte plus les adaptations cinéma tirées de ses livres

Le célèbre auteur de romans d’horreur est connu pour ses personnages plus vrais que nature, ses histoires immersives et son sens aiguisé du suspense 😱

Dans les années 2000, Stephen King faisait un beau cadeau aux écrivains en herbe en publiant Écriture, Mémoires d’un métier, un essai où il confie ses secrets d’écriture. Si la première partie est plutôt autobiographique, la deuxième est une vraie mine d’or quand on souhaite améliorer son écriture. Sur un ton drôle et cash, l’auteur nous donne d’excellents conseils et nous livre sa vision personnelle de son métier. Avec le franc-parler qui caractérise sa plume, Stephen King se plait à nous bousculer pour mieux nous transmettre sa passion.

En voici quelques morceaux choisis (et en cadeau à la fin de l’article, une fiche gratuite listant les 10 commandements pour écrire un thriller captivant) !

Conseil n°1 : Lire beaucoup

« Si vous voulez devenir écrivain, il y a deux choses que vous devez impérativement faire : lire beaucoup et beaucoup écrire. Il n’existe aucun moyen de ne pas en passer par là, aucun raccourci. »

Le premier conseil que nous donne Stephen King est un basique : pour apprendre à écrire de bonnes histoires, il faut d’abord être un grand lecteur. Le roi du suspens précise qu’il lit plus de soixante-dix romans par an, et que tous lui sont utiles, les bons comme les mauvais.

Il nous explique que lire un chef d’œuvre comme Les raisins de la colère, de Steinbeck, nous pousse à « travailler plus dur, à viser plus haut ». L’auteur ajoute : « Vous ne pouvez espérer emporter quelqu’un par la force de votre texte si vous n’avez pas vécu la même chose comme lecteur. »

Notons que J.K. Rowling nous recommande aussi de lire beaucoup (voir ses conseils ici)

Conseil n°2 : Écrire tous les jours

Stephen King raconte qu’à la question d’un journaliste : « comment écrivez-vous ? » il a un jour répondu : « un mot à la fois ». Ce qui ressemble à une boutade est, en réalité, très représentatif de la mentalité de l’auteur, qui place la discipline et la régularité au cœur de son travail d’écrivain. Stephen King a en effet un emploi du temps rigoureux : il écrit toute la matinée, tous les jours, sans exception.

« Si je n’écris pas tous les jours, les personnages commencent à se rassir dans mon esprit : ils se mettent à avoir l’air de personnages et non plus de vraies personnes. Le tranchant narratif se rouille, je perds peu à peu mon emprise sur l’intrigue et le rythme de l’histoire. Pis que tout, l’excitation que je ressens à dévider quelque chose de nouveau commence à retomber. »

Stephen King explique aussi que l’écriture est une seconde nature chez lui : il n’a pas besoin de se forcer pour tenir ce rythme, ce travail quotidien fait partie de lui.

Conseil n°3 : Garder sa porte fermée

Autre condition primordiale à la réussite d’un projet littéraire, aux yeux de Stephen King : travailler seul dans une pièce fermée. Sans personne pour vous déranger, ni téléphone pour vous distraire.

« Une chose est indispensable : une porte que vous tiendrez fermée. La porte fermée est le moyen de dire au monde comme à vous-mêmes que vous ne plaisantez pas ; que vous êtes sérieusement décidé à écrire, que vous avez l’intention d’aller jusqu’au bout. »

L’auteur de Shining nous conseille de nous fixer un nombre de mots à écrire par jour, et de ne rouvrir la porte qu’une fois cette tâche effectuée.

Il précise que la pièce dans laquelle vous allez travailler n’a pas besoin d’être belle ni vaste, mais qu’elle doit être calme et coupée du monde. Pour l’anecdote, il confie avoir écrit Carrie et Salem « dans la lingerie d’une caravane, cognant sur une machine à écrire que je tenais en équilibre sur un bureau d’enfant posé sur mes genoux ».

Conseil n°4 : Écouter ses désirs profonds

Stephen King nous déconseille de choisir le thème de notre histoire en fonction de la mode. Pour lui, c’est le sujet d’un roman qui s’impose à son auteur, et pas l’inverse.

« Quand on me demande pour quelle raison j’écris le genre de choses que j’écris, je trouve la question beaucoup plus révélatrice que toute réponse que je pourrais y donner. On y trouve l’idée préconçue que l’écriture contrôlerait sa production, alors que c’est le contraire. »

L’auteur de La ligne verte prône donc l’honnêteté et la spontanéité. Selon lui, c’est en écoutant ses désirs profonds et sa vision personnelle des choses qu’on écrit un bon roman.

« Ecrivez ce que vous avez envie d’écrire, insufflez-y de la vie et rendez votre texte unique en y mêlant ce que vous savez de l’existence, de l’amitié, des relations humaines, du sexe, du travail. »

Conseil n°5 : Soigner ses descriptions

Pour Stephen King, les descriptions sont primordiales car elles sont « ce qui fait du lecteur un participant sensoriel à l’histoire ».

Toute la difficulté étant de trouver le bon dosage :

« Une description trop succincte laissera le lecteur désorienté et myope. Une description surabondante le noiera de détails et d’images. Le truc, c’est de trouver le juste milieu. Il est aussi important de déterminer ce qu’il faut décrire que ce qu’il vaut mieux laisser dans l’ombre, pour ne jamais perdre de vue que votre boulot principal est de raconter une histoire. »

Pour y parvenir, Stephen King nous conseille de nous concentrer sur quelques détails bien choisis qui imprimeront une tonalité particulière dans l’esprit de celui qui lit. Et sans vouloir trop en faire, car, comme il aime le rappeler : « Une description commence dans l’imagination de l’écrivain et doit s’achever dans celle du lecteur. »

Conseil n°6 : Écrire des dialogues honnêtes

Stephen King défend l’idée qu’écrire de bons dialogues est un art délicat, et que des échanges verbaux bâclés peuvent ruiner un livre.

« Quand un dialogue tombe juste, on le sait. Quand il ne va pas, on le sait aussi : il vous écorche les oreilles comme un instrument de musique désaccordé. »

Selon l’auteur, pour s’améliorer en matière de dialogues, la première chose à faire est d’écouter les gens parler « en prêtant attention aux accents, aux rythmes, aux dialectes, à l’argot des différents groupes sociaux. »

Ensuite, quand on écrit, il faut faire parler ses personnages avec honnêteté, sans se préoccuper de ce qu’en diront les bien-pensants : « si vous mettez « Oh, flûte ! » à la place de « Oh, merde ! », vous rompez le contrat tacite passé entre l’écrivain et ses lecteurs.»

Conseil n°7 : Créer des personnages réels

Quand on l’interroge sur la question des personnages, Stephen King nous parle encore une fois de l’importance d’être honnête. Il nous recommande de prêter attention à la manière dont les gens qui nous entourent se comportent, puis de retranscrire cette réalité dans nos romans.

Pour créer des personnages en relief, Stephen King prône aussi le principe du Show don’t tell : montrer les choses est plus efficace que se contenter de les dire.

Il prend pour exemple le personnage d’Annie Wilkes, dans Misery :

« Je me suis efforcé de ne jamais dire « Annie paraissait déprimée ce jour-là ». Si, en revanche, je suis capable de vous montrer une femme silencieuse, aux cheveux sales, qui se bourre compulsivement de gâteaux et de bonbons, c’est vous qui en tirerez la conclusion qu’Annie est dans un moment dépressif du cycle maniaco-dépressif, et j’ai gagné. »

Conseil n°8 : Développer le symbolisme de ses romans

Stephen King écrit ses premiers jets rapidement, dans l’impulsion de son élan créatif, en 3 mois maximum. Il se concentre ensuite sur une réécriture minutieuse. C’est l’occasion pour lui de chercher les éléments symboliques qu’il a inconsciemment glissés dans son texte.

« Je retourne à la première page, relis ce que j’ai écrit et cherche les motifs sous-jacents. Si j’en découvre, comme c’est presque toujours le cas, je peux les élaborer davantage dans une deuxième version de l’histoire, plus aboutie. »

L’auteur américain nous raconte ainsi comment, à la relecture de sa première version de Carrie, il s’est rendu compte que le sang tenait une place particulière dans son histoire. Dans sa deuxième version du texte, il a particulièrement retravaillé ce symbole.

« Le symbolisme peut servir de catalyseur entre vous et votre lecteur, aider à créer un texte plus unifié, plus agréable. Je crois que, lorsqu’on relit son manuscrit, on voit s’il comporte un potentiel symbolique. Il faut y aller. Le mettre en valeur. Ce serait trop bête de ne pas en profiter. »

Conseil n°9 : Identifier ses thèmes de prédilection

C’est également à la relecture que Stephen King repère les thèmes principaux de son histoire. Il conseille de ne pas s’en préoccuper lors de la rédaction du premier jet, qui doit rester spontané.

« La bonne fiction part toujours d’une histoire et progresse vers son thème ; elle ne part presque jamais du thème pour aboutir à l’histoire. Une fois que votre histoire est couchée sur le papier, cependant, vous vous devez de réfléchir à ce qu’elle signifie et d’enrichir vos versions suivantes de vos réflexions.»

Selon lui, chaque auteur a ses thèmes obsédants, qu’il doit apprendre à connaître.

« Je ne crois pas qu’un romancier, eût-il écrit plus de quarante bouquins, ait beaucoup de thèmes de prédilection ; beaucoup de choses m’intéressent, mais seulement quelques-unes me mobilisent assez pour alimenter mes romans. »

Conseil n°10 : Trouver son Lecteur Idéal

La plus grande lectrice de Stephen King est sa femme Tabitha, à qui il fait lire en priorité tous les romans qu’il vient de finir : « Elle a toujours été une première lectrice enthousiaste, ce qui ne l’empêche pas de rester intraitable quand elle estime que quelque chose ne va pas. »

Il nous conseille de trouver nous aussi notre Lecteur Idéal, à la fois bienveillant et intransigeant, pour nous motiver tout en nous poussant à corriger notre texte pour le rendre meilleur.

Si ce Lecteur Idéal sera le premier à lire nos écrits, c’est aussi à lui que nous devons penser quand nous écrivons seul derrière notre « porte fermée » : Trouverait-il ce dialogue assez vivant ? La réaction de ce personnage crédible ? Ne s’ennuierait-il pas lors de cette description ?

« Votre Lecteur Idéal sera en permanence dans votre bureau : en chair et en os quand vous ouvrirez la porte et laisserez le monde extérieur venir éclairer votre bulle de rêve, et en esprit pendant la rédaction de votre premier jet. »

Conseil n°11 : Laisser reposer son manuscrit

Stephen King recommande de faire une très longue pause après la rédaction du premier jet de son roman.

« Vous seul pouvez décider du temps pendant lequel vous laisserez reposer votre première version – un peu comme on laisse reposer la pâte à pain entre deux pétrissages – mais je crois qu’il faut attendre au moins six semaines. »

L’idée, c’est de sortir de la bulle dans laquelle on était plongé en travaillant sur son roman, de se défaire de son univers et de ses personnages. Par exemple en se lançant dans un nouveau projet.

« Lorsque arrive le bon moment, sortez le manuscrit de son tiroir. S’il vous fait l’effet d’une relique venue d’on ne sait où, achetée chez un brocanteur ou dans un vide-grenier, vous êtes prêt. »

Ainsi, vous corrigerez votre roman avec un œil neuf, et repérerez beaucoup plus facilement les fautes et les incohérences.

Conseil n°12 : Faire des coupes pour resserrer le rythme

S’il n’approuve pas l’idée de mener un roman au pas de course, Stephen King conseille en revanche de resserrer son intrigue afin de la rendre plus nerveuse. Comment ? Lors de la phase de correction, coupez et raccourcissez les passages qui ralentissent le rythme.

Il nous recommande notamment de ne pas trop nous attarder sur le contexte de l’histoire, quand il est inutile à l’avancée de l’intrigue.

Stephen King confie qu’à l’époque où il enchaînait les lettres de refus pour ses manuscrits, il a reçu ce mot personnalisé : « Pas mal, mais poussif. Relisez-vous pour resserrer. La formule : version 2 = version 1 – 10%. Bonne chance. »

L’auteur a recopié cette formule sur un carton qu’il a accroché au mur, à côté de sa machine à écrire. Cela a définitivement changé sa manière de retravailler ses romans.

Et voilà pour cet article dédié aux conseils d’écriture de Stephen King !

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous procurer son livre Écriture, Mémoires d’un métier.

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2 Commentaires

  • Répondre LALY HELENE le 24/02/2020 à 7 h 48 min

    J’ai adoré ce livre que j’ai « dévoré » plusieurs fois. Je m’y réfère souvent en période de doute.
    Merci, en tous cas, pour ce récapitulatif en 12 points qui a l’excellent mérite d’être clair et concis

    • Répondre Charlotte le 25/02/2020 à 9 h 47 min

      Merci à toi pour ton message 🙂

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