Avis lecture : Ce que murmure la mer de Claire Carabas


Ce que murmure la mer est une réécriture de La petite sirène, l’un des mes contes préférés. Mes attentes étaient donc élevées … et j’ai été charmée par cette histoire, qui rend joliment hommage au récit d’Andersen. Claire Carabas a su capter l’ambiance du célèbre conte, cette douceur mélancolique mêlée à la violence d’un amour tourmenté. Mais elle a aussi réussi à l’ancrer dans notre monde moderne tout en déployant un bel univers aquatique …

Nous découvrons le quotidien de la fille du roi des océans, qui a grandi dans un univers enchanteur, entre jardins d’anémones, palais en nacre et lumières ondoyantes. C’est beau, c’est poétique, on se croirait bercé par les eaux avec la jeune sirène.

Mais cette vie ne suffit plus à Galathée, qui rêve d’ailleurs. Alors, quand elle croise la route d’Yvon, marin participant à une course en solitaire, elle quitte tout pour suivre son voilier jusqu’au bout du monde.

Comme la mer sait se faire tour à tour caressante et impitoyable, aux descriptions enchanteresses succèdent celles des tempêtes en mer, où les vagues ressemblent à des montagnes, où les icebergs sont meurtriers. Et, à l’image des zones marines tristement polluées, l’antre de la sorcière des mers grouille de déchets et de courants malsains.

L’histoire que nous raconte Galathée est complétée par des pages du journal de bord d’Yvon, qui dévoilent l’intrigue du point de vue du marin. Au début j’appréciai moyennement son langage fleuri et l’abondance de termes de navigation, mais ça se tasse lorsque Yvon rejoint la terre. Les passages vus par ses yeux nous permettent alors de comprendre les ombres qui pèsent sur lui.

Comme dans le conte d’Andersen, c’est donc sur terre que se poursuit l’histoire. La trame de La petite sirène apparaît toujours en filigrane, mais dans un village de Vendée à l’ambiance feutrée.

La relation entre Yvon et Galathée frustre par tout ce qu’elle contient de non-dits, la sirène ayant perdu l’usage de la parole avec la transformation de sa queue en jambes (ce problème de communication est d’ailleurs l’un des thèmes centraux du conte d’origine). L’alternance des points de vue est à la fois riche et terrible, car elle met en lumière l’incompréhension qui grandit, le fossé qui se creuse.

L’accent est mis sur la psychologie des personnages. Galathée, à la fois naïve et mystérieuse, dégage une grâce surnaturelle mais reste incapable de dévoiler qui elle est vraiment à celui qu’elle aime. Yvon, indécis et hanté par les fantômes de son enfance, demeure aveugle et bride ses sentiments.

La fin (plus proche du conte que du Disney) se fait tragique tout en réservant quelques surprises. En définitive, le conte et la réécriture se rejoignent dans cette même impression douce-amère, où la mélancolie côtoie la colère des eaux, où le merveilleux se teinte d’un sentiment de regret pour cet amour manqué.

Une très jolie réécriture, à découvrir …

8 commentaires

  1. Etoile livresque le

    Cette magnifique couverture quoi ! Il me tente beaucoup en tout cas 🙂

    • Charlotte le

      Oui c’est vrai la couv est belle !

  2. Melliane le

    Super, j’avais vu la couverture passer mais je n’en savais pas vraiment plus

    • Charlotte le

      🙂

  3. Kin le

    J’aime beaucoup cette maison d’édition 🙂 tes photos sont trop belles !

    • Charlotte le

      Merciiii <3

  4. Les lectures de Marinette le

    Il faut vraiment que je lise d’autres réécritures de cette ME ! 🙂

    • Charlotte le

      Lesquelles as-tu lues ?