Lecture : Ce qui nous lie de Samantha Bailly


« Certains ont besoin d’être à deux pour former un tout. Mais il faudrait d’abord que je forme un tout moi-même. »

Voilà un moment que j’avais envie de lire un roman de Samantha Bailly, jeune auteure dont je connais les vidéos dédiées à l’écriture. J’ai donc fini par jeter mon dévolu sur Ce qui nous lie, sans doute un peu à cause de sa jolie couverture qui laisse présager une histoire poétique et touchante.

On y découvre Alice, jeune femme dotée d’un don étrange : elle peut voir les liens entre les gens, sous forme de fils lumineux. Loin de la rendre heureuse, ce pouvoir l’emplit de désillusion car il dévoile les petites infidélités des uns et des autres. Les choses pourraient bien changer lorsqu’elle tombe sous le charme de Raphaël, son nouveau boss, le seul dont elle ne parvient pas à voir les liens …

Hélas, malgré une jolie plume, je n’ai pas accroché à ce roman.

Pour commencer, j’ai tout de suite trouvé le personnage principal antipathique. Dès les premières pages, on nous raconte qu’Alice, en découvrant son don, s’en est aussitôt servi pour démasquer des hommes infidèles, les séduire (voir les mettre dans son lit) et prévenir ensuite leurs petites amies. Qui n’avaient rien demandé, précisons-le. On apprend qu’Alice y a consacré pas moins d’un an de sa vie. À temps plein. Douze mois à flirter, ou plus, avec des hommes qu’elle méprise, juste pour le plaisir de briser des couples. Difficile d’éprouver de la sympathie pour elle après une telle entrée en matière …

Certes, on apprend ensuite pourquoi Alice a agi de la sorte : deux de ses ex l’ont menée en bateau, elle n’arrive pas à refermer ses blessures et cherche à (se venger?) aider les autres femmes. Sauf que, curieusement, ces révélations ne m’ont pas fait éprouver plus de sympathie pour Alice. Bien au contraire. Plus le roman avançait, plus j’étais agacée par son côté égocentrique, par sa capacité à se morfondre sur son passé et à faire payer aux autres ses petits drames personnels.

Les autres personnages n’ont pas réussi à me convaincre d’avantage. Une bonne partie du roman se passe en entreprise, et on a droit à tous les clichés du genre : le séducteur carnassier, l’éternel célibataire lourdingue, la fille facile qui se fait tout le temps avoir (blonde platine, bien entendu). Le summum du décevant étant, à mes yeux, le crush d’Alice : Raphaël. Moi, pour trouver un personnage attirant, j’ai besoin qu’il ait des aspérités, une consistance, de le sentir exister entre les lignes. Rien de tout ça ici. On sait juste que Raphaël est beau gosse, qu’il a de la prestance et que c’est un homme à femmes. Je n’ai rien perçu de personnel et de touchant en lui, du coup cette histoire d’amour m’a ennuyée.

Enfin, je crois que la facette de ce roman qui m’a le plus déçue, c’est la vision des rapports humains qu’il véhicule. Avec un titre pareil, je m’attendais à une mise en lumière approfondie des relations entre les gens. Pas forcément positive, mais vraie et touchante. À la place, j’ai découvert un panier de crabes où tout tourne autour de la séduction, où une grande partie des hommes sont infidèles et où les femmes sont des victimes trompées et manipulées.

Outre ce climat un peu simpliste à mon goût, j’ai déploré que les liens entre ces personnages soient principalement basés sur les apparences. Exemple, lorsqu’elle rencontre Romain, un collègue, la première pensée qui traverse Alice est « il aurait pu être séduisant si son nez n’avait pas été aussi grand ». Dommage … La seule relation qui a trouvé grâce à mes yeux est celle d’Alice et de sa grand-mère, atteinte d’Alzheimer. Ces passage-là sonnent justes et émouvants.

Inutile de m’attarder sur les autres points qui m’ont déplu (le don sous-exploité d’Alice ou encore la temporalité compliquée). Bref, Ce qui nous lie est une déception pour moi. Mais il y a une part de subjectivité là-dedans puisque d’autres l’ont aimé. Peut-être ai-je été si focalisée sur ce qui m’a agacée, que je suis passée à côté de quelque chose ?

N’hésitez pas à me donner votre avis si vous l’avez lu !

4 commentaires

  1. Alison le

    C’est dommage … Je l’ai lu il y a longtemps mais il me semble que j’avais aimé !

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    • Charlotte le

      Comme quoi c’est une question de goûts ^^

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  2. Océane - Entournantlespages le

    Je l’ai lu il y a un bon moment mais je me rappelle avoir été moi aussi déçue par ce livre malgré les bons avis que j’avais pu lire. J’avais trouvé que le don d’Alice était malheureusement au second plan et comme toi, je ne me suis pas attachée aux personnages.

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    • Charlotte le

      En effet dommage que le don d’Alice n’ait pas été plus exploité 🙂

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