Lecture : Hazel Wood de Melissa Albert


« Ne t’approche sous aucun prétexte d’Hazel Wood »

Comment résister à une telle couverture ? Des dorures sur fond bleu nuit, des illustrations féeriques qui envahissent le titre comme le lierre grimpant sur un vieux manoir … Ajoutez à ça le thème des contes revisités dans une ambiance sombre, et vous comprenez pourquoi j’ai craqué sur ce livre !

Nous y suivons Alice et sa mère, qui ont passé leur vie sur les routes pour fuir la malchance qui leur tombe dessus dès qu’elles restent plus de quelques semaines au même endroit. S’y ajoute le mystère d’une grand-mère qu’Alice n’a jamais connue : Althea Proserpine, auteure énigmatique qui s’est retirée dans le manoir d’Hazel Wood après avoir écrit ses effrayants Contes de l’Hinterland. Alors que les personnages issus de sa plume semblent prendre vie dans les rues de New-York, un événement va mener Alice sur les traces d’Hazel Wood …

Voilà un roman à l’ambiance sinistre et effrayante comme on en croise peu en littérature young adult ! Je ne m’y attendais pas, mais il m’a fait frissonner.

La plume de Melissa Albert est rythmée et ponctuée d’expressions imaginatives, souvent d’inspiration urbaine (« mon coeur tressautait comme un moteur capricieux »). Quant au personnage d’Alice, je l’ai trouvé cohérent et plutôt fouillé, bien que pas toujours sympathique.

La première partie du livre mêle ambiance urbaine et contes de fées (ou plutôt d’effroi) avec brio. J’ai aimé l’intrusion de petites touches surnaturelles dans les rues de New-York, et les personnages étranges qui traquent Alice sans qu’elle comprenne pourquoi. Cette ambiance oppressante m’a plu, tout comme le mystère qui plane autour des Contes de l’Hinterland. Car les histoires écrites par Althea semblent dangereuses et malfaisantes, au point que les exemplaires du livre sont quasiment introuvables, et que leur mystère a fédéré une communauté internet de fans obnubilés par Althea.

Encore un aspect que j’ai aimé : le récit est ponctué d’extraits des Contes de l’Hinterland, qui sont des contes à l’ancienne en version horrifique. On ne les découvre pas tous, mais leur ombre plane sur le roman et participe à son ambiance angoissante.

La deuxième partie bascule franchement dans le surnaturel avec l’arrivée d’Alice à Hazel Wood. Le roman devient très dense, complètement onirique et parfois nébuleux. J’ai ressenti certaines longueurs, notamment un passage dans un manoir cauchemardesque à la Shining qui dure tout un chapitre … Mais ensuite l’auteure rattrape le tir, et l’immersion dans le pays des contes tient la route. On se laisse facilement entraîner dans cet univers fantastique, à la fois troublant, voir glaçant, et très imaginatif.

C’est un monde qui fourmille d’idées, à tel point que l’auteure n’a pas pu toutes les exploiter à fond. J’ai regretté que certains antagonistes et zones de l’Hinterland ne soient pas plus développés. Mais c’est un petit bémol car j’ai aimé cette lecture.

À conseiller à ceux qui aiment les ambiances de contes étranges et effrayants !

Hazel Wood de Melissa Albert est disponible ici

7 commentaires

  1. La parcheminette le

    Je trouve ta chronique très précise, elle colle très bien avec mon ressenti ! J’ai beaucoup aimé Hazel Wood aussi, et le côté nébuleux m’a justement beaucoup plu, j’aime me sentir un peu perdue dans ce type d’univers. Et je suis bien d’accord avec les petits bémols, je pense qu’un deuxième tome aurait été bienvenu + un développement plus important des liens entre les personnages.

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    • Charlotte le

      Merci beaucoup ! À ce propos j’ai lu qu’il devait y avoir un deuxième tome mais je ne sais pas si c’est avéré, affaire à suivre 🙂

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  2. Nymeria le

    Cette couverture… Magnifique ! Et je dois dire que ta photo la met très bien en valeur 🙂

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    • Charlotte le

      Merci beaucoup Nymeria !

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  3. Twogirlsandbooks le

    Ce livre me tente beaucoup de part son côté conte mais, je n’ai pas trop avoir peur ^^

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    • Charlotte le

      Certains passages font un peu froid dans le dos mais ça reste « gentillet » (on est pas non plus dans Shining !)

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