Écriture

4 leçons d’écriture tirées de Wolfwood

03/08/2026

Wolfwood (de l’américaine Marianna Baer) fait partie des livres qui m’ont le plus marquée récemment. Ce roman jeunesse (14+) est étrange et inclassable, il ne rentre dans aucune case et c’est en partie ce qui m’a plu.

Je vais essayer de résumer son intrigue sans vous spoiler :

Indigo porte à bout de bras sa mère Zoé. Peintre talentueuse, celle-ci a connu le succès avec sa série de tableaux Wolfwood, mettant en scène des jeunes filles poursuivies par un loup dans une jungle vénéneuse. Hélas, malgré leurs difficultés financières, Zoé refuse de finir sa série, au grand désespoir de sa fille.

Alors qu’elles risquent de se retrouver à la rue, Indigo décide de prendre le pinceau à la place de Zoé… Mais le monde de Wolfwood cache un terrible secret et, bientôt, l’art et la réalité se confondent. Tandis qu’Indigo peint, les tableaux prennent vie et elle se retrouve happée dans une jungle hostile.

Alors, quelles leçons d’écriture tirer de ce roman ?

1. Imaginer une héroïne attachante

Le premier point fort de Wolfwood, c’est son héroïne. Indigo est une jeune fille forte et débrouillarde. Elle adore sa mère et fait tout pour la sauver, même si elle a tendance à s’oublier elle-même. Ce personnage attire l’empathie car on sent qu’elle galère et qu’elle se bat pour s’en sortir. Les choix du récit représentent parfaitement ce personnage pragmatique qui n’hésite pas à agir :

  • Narration à la première personne
  • Utilisation du présent
  • Langage brut et oral
  • Phrases courtes

2. Déployer une esthétique immersive

L’ambiance d’un roman est primordiale pour moi : j’aime être immergée dans une atmosphère spéciale et introuvable ailleurs. Dans Wolfwood, l’esthétique est d’autant plus importante que le roman parle d’art pictural, et c’est très réussi ! On alterne entre un univers urbain et contemporain, et un autre, très différent, issu des tableaux. Celui-ci nous plonge dans une jungle colorée et étouffante, angoissante comme le secret de Zoé, peuplée de plantes carnivores immenses. C’est le genre d’ambiance qui met mal à l’aise tout en captivant.

3. Entremêler plusieurs temporalités

Voilà sans doute ce que j’ai préféré dans cette histoire, et ce que j’ai trouvé le plus original. L’intrigue mêle habilement trois temporalités :

  • Le présent, où Indigo se débat pour sortir de la misère et sauver sa mère Zoé.
  • Les moments où Indigo peint et se retrouve happée dans la jungle de Wolfwood, qui représente l’inconscient de sa mère.
  • Le passé factuel de Zoé, raconté par de courts passages en italique, glissés çà et là au fil du récit.

Cette alternance entre différentes strates de récit est addictive, car on découvre petit à petit ce qui est arrivé à sa mère tout en évoluant dans le présent avec Indigo. Ce n’est pas le premier roman que je lis avec un jeu de temporalités et j’aime beaucoup ce procédé, que je voudrais utiliser un jour dans un roman !

4. Explorer des thèmes originaux

En nous montrant les épreuves qu’Indigo traverse pour soutenir sa mère, Wolfwood creuse le thème de la dépression chez un proche et des difficultés que ça peut générer. L’autre thème que je trouve original et intéressant, dans ce livre, c’est celui de l’art comme mise en récit d’un traumatisme. De manière codée, les tableaux de Zoé racontent ce qu’elle a vécu de bouleversant, bien des années plus tôt. Wolfwood engage ainsi une réflexion sur la manière dont la pratique artistique permet de transformer une blessure en création, mais aussi sur tous les secrets et symboles que peut receler une œuvre…

L’avez-vous lu ? Connaissez-vous un livre qui parle de ces sujets ?

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3 Commentaires

  • Répondre Janine Gerson-Père le 03/08/2026 à 10 h 23 min

    Bonjour Charlotte et merci pour cet article passionnant. Je suis justement en train d’écrire un roman avec plusieurs temporalités.
    Une vieille dame écrit ses souvenirs qu’elle envoie à sa petite fille.
    D’un côté, il y a le récit de ses souvenirs.
    D’un autre côté, il y a ses commentaires d’aujourd’hui. J’avais eu l’idée de les mettre en italique pour les différencier du passé.
    Qu’en penses-tu ?
    Par ailleurs, je cherche toujours des idées de lecture pour ma petite fille, âgée de 13 ans. Elle aime lire. Tu le conseilles à partir de quel âge ?
    Merci d’avance de ta réponse

    • Répondre Charlotte le 03/08/2026 à 15 h 27 min

      Bonjour ! Oui je pense que c’est une bonne idée de différencier les deux temporalités en mettant le texte italique. Tout dépend de ce que lit habituellement ta petite fille, mais comme c’est un texte avec des éléments un peu durs, je te conseillerais d’attendre 14-15 ans, au cas où.

  • Répondre Janine Gerson-Père le 03/08/2026 à 21 h 24 min

    Merci de ta réponse. Amitiés et bonne soirée

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