Écriture

Ce que mes romans publiés m’ont appris

20/07/2026

L’écriture est un artisanat singulier. On passe des mois, parfois des années, sur un projet à l’avenir incertain. Cela dit, chacun de mes projets d’écriture m’a apporté quelque chose sur le plan personnel. Moi qui doute beaucoup, j’ai remarqué que l’écriture avait le chic pour m’aider à consolider ma confiance en moi un peu bancale.

Voilà pourquoi je vous encourage à écrire, vous aussi. Chaque manuscrit terminé est une leçon dont on sort grandi. Déjà parce que cet accomplissement est une victoire. Une manière de se dire que, oui, on est capable de persister malgré les (nombreuses) phases de doute, et de mener un projet à terme.

Au-delà de ce sentiment d’aboutissement, chacun de mes romans m’a donné une leçon de vie. Aujourd’hui, j’ai envie de prendre un peu de recul sur ces enseignements, et de les partager avec vous !

Red Stone

C’est mon tout premier roman, celui qui m’a fait plonger dans le grand bain de l’écriture. J’ai rédigé le premier tome de cette fantasy pirate il y a une douzaine d’années, et il m’a prouvé que j’en étais capable. Mais le plus surprenant a été sa trajectoire éditoriale…

Ce qu’il m’a appris : Il n’est jamais trop tard pour faire publier un manuscrit

Quand j’ai fini Red Stone, je l’ai envoyé à 3 ou 4 maisons d’édition (dont celle qui l’a publié 10 ans plus tard) mais il n’a pas trouvé d’éditeur. À l’époque, j’en ai déduit que faire publier un roman fantasy en France était mission impossible. Je n’ai pas insisté et je l’ai rangé dans un tiroir où il a dormi pendant une décennie… Jusqu’à ce que l’une de mes sœurs me parle d’un concours organisé par une grande maison d’édition fantasy, et m’encourage à proposer mon texte. J’ai envoyé Red Stone sans y croire, et il a gagné… C’est ainsi qu’il a été publié. Cette expérience m’a donné une vision long terme du monde de l’édition. Pour moi, un manuscrit refusé l’est à l’instant T et cela ne signifie pas qu’il ne sera jamais publié.

Le royaume sans ciel

Le royaume sans ciel est mon deuxième projet d’écriture. Pour ce roman fantasy, j’ai tout de suite vu les choses en grand : je voulais que ce soit une réécriture mêlant trois contes différents dans un même univers. Il fallait aussi que ce soit une narration chorale (avec une alternance de points de vue). Plutôt ardu pour une autrice débutante…

Ce qu’il m’a appris : On peut se fixer un objectif ambitieux si on s’y prend avec méthode

Le royaume sans ciel a été un vrai défi mais je ne le regrette pas. Je me suis arraché les cheveux, mais j’ai réussi à faire ce que je voulais. Et cette expérience m’a prouvé une chose dont je suis persuadée aujourd’hui : l’écriture s’apprend, et la méthode est la clé. Par exemple, j’avais lu que George RR Martin (auteur du Trône de Fer, un récit choral) avait réussi ses points de vue multiples en écrivant tous les chapitres du point de vue d’un personnage d’un coup, avant de passer au personnage suivant, etc. C’est ce que j’ai fait et ça m’a bien aidé à tenir le cap tout en respectant la voix de chaque personnage.

Dark Abyss

Dark Abyss est le tome 2 de Red Stone, et son écriture a été assez particulière. Déjà parce que je devais imaginer une suite et fin à un roman écrit dix ans auparavant. Mais aussi parce que c’était mon premier manuscrit sous contrat : au moment de publier Red Stone, j’avais signé pour la duologie, je devais donc rendre ce tome 2 à une date précise… Si mes souvenirs sont bons, j’avais un an pour l’écrire.

Ce qu’il m’a appris : Je fonctionne très bien avec une deadline

Cette date butoir m’a d’abord fait peur : étant d’un naturel anxieux, je craignais qu’elle me paralyse et bloque ma créativité. J’étais d’autant plus stressée que je n’avais encore jamais écrit un roman en si peu de temps… En réalité, c’est tout l’inverse qui s’est produit ! Ayant tendance à procrastiner, cette deadline m’a aidé à m’y mettre et à être plus efficace. Depuis, j’ai la conviction qu’on écrit plus vite quand on cadre son projet avec des limites temporelles claires (Dans une certaine mesure, bien sûr. N’allez pas vous rendre malade avec des délais impossibles à tenir).

Voilà pour les trois enseignements tirés de mes romans. À vrai dire, j’avais l’intention de vous parler aussi de ce que m’ont apporté les manuscrits que j’ai écrit depuis (et qui ne sont pas encore publiés). Mais je trouve que cet article est déjà assez long : ça fera l’objet d’une autre chronique 😊

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