Écriture

Écrire l’autre

27/07/2026

Écrire un roman, c’est mettre en scène une galerie de personnages variés, qui pensent et vivent chacun à leur manière. Selon moi, rien n’est plus plat que des protagonistes ayant tous le même discours et la même façon de voir le monde. Je trouve que les romans aux personnages contrastés sont infiniment plus réalistes et complexes… Pour autant, quand on écrit, c’est compliqué de créer des personnages différents de nous. Nous fonctionnons tous avec notre propre cerveau : pas évident de calquer autre chose que notre système de valeurs sur les autres.

Cela dit, certains auteurs parviennent à créer des personnages aux mentalités opposées les unes aux autres (lisez Le trône de fer, ma référence fantasy en la matière) ce qui prouve que ce travail d’empathie et de projection « dans la tête de l’autre » peut se muscler.

Voilà mes astuces pour travailler là-dessus :

S’inspirer de ses proches

C’est le conseil le plus basique… mais pas le plus évident à appliquer. Nous avons tous des connaissances qui pensent différemment de nous, parfois de manière extrême (vous voyez, cet oncle avec qui il vaut mieux éviter de parler politique ?). Même si on a naturellement envie de rejeter leur système de valeurs, il peut être intéressant d’essayer de le comprendre (à défaut de le valider). Qu’est-ce qui a amené ces personnes à penser ainsi ? Quel est leur vécu, quels sont les mécanismes qui régissent leurs comportements ? Les êtres humains que l’on côtoie sont souvent la meilleure matière première pour écrire de bons personnages.

Lire, lire et encore lire

Un jour, j’ai entendu dire que le meilleur exercice, pour aider les personnes manquant d’empathie à s’améliorer, était… la lecture. Sur le coup, cette idée m’a parue étrange, mais à la réflexion je la trouve excellente. À chaque nouveau livre, on est projeté dans l’intériorité d’une personne totalement différente de nous. En lisant Jane Eyre, j’ai découvert ce que ressentait une orpheline anglaise du 19ème siècle en quête d’une place dans la société. Dans Le Comte de Monte-Cristo, j’ai compati avec un homme trahi, en souffrance, vivant pour se venger. « Celui qui lit vit mille vies », dit George RR Martin. Quoi de mieux que la lecture pour comprendre différents schémas de pensée, à appliquer dans nos romans ?

Se documenter sur les profils psychologiques

Voilà un principe que je n’ai pas encore utilisé dans ma pratique de l’écriture, mais que je trouve intéressant. Il existe différentes classifications des profils psychologiques, sur lesquelles se baser pour différencier ses personnages. Citons par exemple le modèle des Big Five, les archétypes de Carl Jung, les quatre tempéraments de la médecine antique ou encore les neuf types de caractère de l’ennéagramme… Ces classifications sont à prendre avec beaucoup de recul (un peu réductrices à mon avis) mais si vous cherchez de l’inspiration pour caractériser vos personnages, vous pouvez vous en inspirer ! Tout ça me donne une nouvelle idée d’article d’ailleurs 😉

Puiser en soi les ressentis universel

Même si un personnage a un système de valeurs différent du nôtre, il reste un être humain, comme nous. Et il y a des ressentis universels qui touchent tout le monde. Ces émotions peuvent faire le pont entre nous et l’autre, et nous permettre de le comprendre même si nous sommes opposés. Plus haut, je vous parlais du Comte de Monte-Cristo… Même si nous n’aurions pas agi comme lui, nous pouvons entrer en empathie avec sa souffrance et sa colère. En tant qu’auteur, ce sont ces émotions universelles que nous pouvons aller chercher pour écrire des personnages puissants… même s’ils sont différents de nous.

J’espère que cette petite réflexion vous a plu, bonne semaine à vous <3

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